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Paru dans l’Economiste en juin 2001

Les patrons partenaires des associations de quartiers

vendredi 7 janvier 2005.
 


-  Un forum espace rencontre est programmé du 11 au 13 juin à Casablanca

-  Objectif : Réduire la fracture sociale et promouvoir toute sorte d’activité

Bien qu’elles soient les moins connues et récemment créées, les associations de quartiers feront beaucoup parler d’elles. Le principe même de proximité qui motive leur action est un gage de pérennité. Par ailleurs, le soutien que les entreprises leur apportent aujourd’hui est une garantie de plus. Un premier Forum Entreprises-Associations se tiendra à cet effet du 11 au 13 juin prochain à Casablanca. Cadres et responsables associatifs y discuteront des formules de partenariat pour une intervention optimale et durable au niveau des quartiers. L’on évoque carrément à ce sujet la notion de mise en relation d’affaires.

L’entreprise ne sera pas un simple pourvoyeur de fonds mais un vrai partenaire qui fait le suivi des projets proposés par les associations. C’est en tout cas ce qu’espèrent celles faisant partie du Réseau des associations de quartiers du Grand Casablanca (RESAQ), dont le secrétaire général est le militant Abdellah Zaaza. Ce dernier, en présence de Karim Tazi, patron de Richbond et président de la Commission Entreprise et Proximité sociale de la CGEM, lors d’un point de presse, mardi 25 mai à Casablanca, a parlé d’“élite populaire”. “Cette catégorie qui a été longtemps marginalisée, rencontre aujourd’hui une élite d’entrepreneurs mus par une responsabilité sociale”, souligne Zaaza. Cette élite patronale devra donc accompagner l’évolution de la cinquantaine d’associations adhérentes au Resaq créé en décembre 2003. Pas seulement par des contributions annuelles estimées entre 60.000 et 250.000 DH pour chaque association, mais aussi par un suivi et des rencontres régulières.

Parallèlement au travail purement associatif, le Resaq a pour objectif majeur de diffuser un certains nombre de valeurs. Tazi a fait référence aux événements du 16 mai et au grand chantier qui s’impose en matière de réduction de la fracture sociale. L’exclusion et la pauvreté étant le terreau des extrémismes. Les associations qui adhèrent au Resaq devront ainsi souscrire à une sorte de cahier des charges ou de charte qui impose entre autres modalités à respecter, la transparence dans l’allocation des budgets. L’entreprise a un droit de regard sur celle-ci et le réseau peut auditer les associations. Cette rigueur apparaît déjà dans la manière professionnelle dont ces associations préparent et présentent leurs projets. Elle a permis la mise en place d’un plan d’action 2004-2006. Une banque de données et de projets sera établie à cet effet. Ainsi, les activités culturelles, sportives et éducatives des associations de quartiers se dérouleront avec la visibilité requise. Toutes ces notions témoignent du niveau intellectuel et de l’ouverture des cadres qui gèrent ces associations, qui ont choisi l’action ciblée pour une bonne maîtrise des problèmes de quartiers.

Créer l’attachement

Le rapprochement est dicté par une conjoncture économique avant qu’elle ne soit sociale. L’Etat n’est plus cet allié inconditionnel des capitaux privés et l’ouverture imminente des barrières douanières fait frissonner les patrons marocains. “Ils ont besoin de bases sociales pour perdurer et créer l’attachement nécessaire à leurs produits face à l’assaut de ceux venant de l’étranger” (en souscrivant à une démarche sociale),dit clairement ce responsable associatif membre du Resaq. L’entreprise citoyenne, ce concept galvaudé, requiert ainsi toute sa portée économique. Il s’appuie sur l’attachement comme nouvelle option marketing.

Mostafa BENTAK

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