Violation flagrante de la Convention de Genève relative au statut des réfugiés pourtant ratifiée par le Maroc
jeudi 4 janvier 2007.De : Souhail Chichah [mailto:schichah@ulb.ac.be]
Envoyé : lundi 1 janvier 2007
Souhail
Bonjour,
Je vous envoie ci-joint une pétition qui sera envoyée prochainement aux autorités marocaines, belges et européennes. Je la soumets à votre signature dans l’espoir que vous y adhérerez. Le cas échéant, pouvez-vous, svp, compléter la feuille xl, également jointe, avec votre prénom, nom, étiquette institutionnelle ou militante, ainsi que votre pays de résidence. L’objectif étant d’avoir une centaine de signatures avant de diffuser plus largement cet appel demain. Pardon donc d’insister en cette période de congé pour avoir le plus rapidement possible (aujourd’hui si possible :-)) votre réaction. Merci d’avoir également la gentillesse de répondre si vous ne souhaitez pas cosigner ce texte afin de m’éviter de devoir vous déranger pour m’assurer que vous avez bien pu prendre connaissance de la démarche.
Je vous réitère tous mes vœux de bonheur pour 2007, à vous ainsi qu’à vos proches,
Non à la répression des migrants subsahariens au Maroc !
La rafle nocturne, principalement à Rabat, de centaines de migrants subsahariens, exécutée le 23 Décembre 2006 - période de festivités et donc à l’abri du regard des observateurs internationaux et des consciences critiques marocaines- et leur déportation collective vers la frontière algérienne constitue une atteinte grave aux Droits Humains ainsi qu’une violation flagrante de la Convention de Genève relative au statut des réfugiés pourtant ratifiée par le Maroc.
Les Autorités marocaines arguent de leurs engagements vis-à-vis de l’Union
Européenne pour justifier l’expulsion collective de centaines d’hommes,
femmes et enfants en dehors de tout cadre légal et dans des conditions
notamment climatiques- fortement préjudiciables à leur santé physique et
mentale. La presse internationale fait également échos de viols et de
sévices perpétrés par des agents marocains.
Nous, citoyens du Maroc, de Belgique et d’Europe, interpellons les autorités marocaines, belges et européennes afin de réclamer :
La prise en charge immédiate des besoins et soins de premières
nécessités ainsi que l’identification de toutes les personnes déportées ;
L’assurance que les auteurs d’actes criminels, ceux-ci devant être
confirmés par une enquête indépendante, notamment ceux portant sur la
violation de l’intégrité physique des personnes raflées, soient poursuivis
par la justice marocaine ;
Le respect intégral et immédiat de toutes les conventions
internationales protégeant les migrants et réfugiés déjà ratifiées par le
Maroc, dont notamment la Convention de Genève relative au statut des
réfugiés et la Convention des Nations Unies sur la protection des droits des
travailleurs migrants et des membres de leur famille ;
Que l’Europe cesse de détourner les principaux outils de
coopération financière du partenariat euro-méditerranéen de leur vocation
première, à savoir le développement économique et social du Maroc, en les
subordonnant à l’obligation pour le royaume marocain de jouer un rôle de
premier plan dans la répression de l’immigration clandestine.
En effet, nous rappelons que les migrants subsahariens ne constituent que 0.05% d’une population marocaine dont 10% vit à l’étranger et qu’ils ne comptent pas même pour 3% du total du flux migratoire annuel vers l’Espagne. Il est donc inacceptable de les représenter comme une menace pesant sur l’ordre social du Maroc ou celui de l’Union Européenne. La répression dont ils sont victimes ne peut trouver aucune justification.
Par ailleurs, conscients que la condition des migrants subsahariens fournit un excellent indicateur de l’évolution vers l’Etat de droit au Maroc, nous invitons, non seulement les défenseurs des droits humains mais également l’ensemble des personnes soucieuses du devenir politique du Maroc à relayer et amplifier notre interpellation.
Bruxelles, le 30/12/06.
Non à la répression des migrants subsahariens au Maroc