Cet Homme est dangereux, il sème la solidarité
lundi 22 septembre 2008.TUNISIE
La répression s’élargit
Après Essghayer BELKHIRI (29 ans, résident à Nantes) qui a subi des traitements
inhumains et dégradant durant plus d’un mois, avant d’être remis en liberté, c’est
le tour de Monsieur Mouhieddine CHERBIB, Président de la Fédération des Tunisiens
pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR), association de droit français régie par
la loi de 1901 (créée depuis 1974 !), d’être inculpé par le parquet de Gafsa pour
"appartenance à une bande, participation à une entente établie dans le but de
préparer ou de commettre un attentat contre des personnes ou des biens" et
"distribution, mise en vente, exposition au regard du public, détention en vue de la
distribution, de la vente, de l’exposition dans un but de propagande de tracts et de
bulletins de nature à nuire à l’ordre public"*.
Cette accusation scandaleuse et calomnieuse est dénuée du moindre fondement légal,
dans la mesure -notamment- où elle contredit expressément les dispositions de
l’article 19 du Pacte International des Droits Civils et Politiques (ratifié par
l’Etat tunisien en 1966) qui dispose, on ne peut plus clairement : « 1. Nul ne peut
être inquiété pour ses opinions. 2. Toute personne a droit à la liberté
d’expression ; ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre
des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières,
sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen de son
choix. »
Alors qu’elle couvre ses auteurs d’abjection, cette accusation infamante honore
encore davantage M. CHERBIB qui n’a commis d’autre « crime » que celui d’avoir
exprimé (dans un Etat démocratique, la France) sa solidarité avec ses concitoyens
qui subissent, depuis le 5 janvier 2008, dans la région de Gafsa, les pires
atrocités qu’un régime despotique puisse infliger à « sa » population : encerclement
permanent par l’armée, décès de quatre citoyens victimes de la répression, torture,
traitements inhumains et dégradants, emprisonnements arbitraires consécutifs à des
procès iniques, partiaux et inéquitables qui ont vu, entre autres, une enseignante
(Mme Zakia DHIFAOUI) écoper d’une condamnation (en appel) de 4 mois de prison ferme
pour avoir... participé à une manifestation pacifique organisée par les femmes de la
région « sinistrée » de Gafsa !
Le Comité de Soutien aux Habitants du Bassin Minier (Paris) s’insurge avec force
contre cette scandaleuse accusation ;
• Il exprime, tout d’abord, son soutien inconditionnel et indéfectible à M.
Mouhieddine CHERBIB ;
• Il considère qu’à travers l’accusation abjecte proférée à l’encontre du
Président de la FTCR, ce sont tous les tunisiens résidents à l’étranger qui se
trouvent gravement menacés dans leurs libertés confisquées en Tunisie et garanties
par les pays d’accueil ;
• Il somme les autorités tunisiennes d’abandonner, sans délai, ladite accusation
outrancière, ainsi que les 51 autres accusations non moins infondées lancées contre
Adnane HAJJI et ses camarades ;
• Appelle toutes les organisations de défense des droits humains, partis
politiques, et l’ensembles des citoyens, notamment tunisiens en France, à exprimer
leur solidarité avec M. CHERBIB et toutes les victimes de la répression policière,
car c’est de notre liberté à tous dont il est question !
Pour que Mouhieddine CHERBIB préserve sa liberté ;
Pour la libération de tous les prisonniers du mouvement du Bassin Minier ;
Pour l’abandon immédiat des poursuites engagées contre toutes celles et tous
ceux qui sont en attente d’être « jugés » ;
Pour l’abrogation de toutes les lois (tunisiennes) scélérates et
inconstitutionnelles qui criminalisent la solidarité et l’exercice des libertés
publiques élémentaires ;
* La liste des 38 personnes inculpées : 1- Fayçal Ben Omar 2- Haftaoui Ben Othman 3- Ali Jedidi 4- Thameur Maghzaoui 5- Ridha Ezzeddine 6- Issam Fajraoui 7- Mouadh Ahmadi 8- Abdessalam Helali 9- Mahmoud Raddadi 10- Hedi Bouslahi 11- Abdallah Fajraoui 12- Mohamed El Baldi 13- Tarek H’limi 14- Bechir Laabidi 15- Adel Jayar 16- Isamel El Jawhari 17- Lazhar Ben Abdelmalek 18- Mdhaffar Labidi 19- Haroun Hlimi 20- Taieb Ben Othman 21-Boubaker Ban Boubaker 22- Radhouane Bouzayane 23- Makram Mejdi 24- Adnane Hajji 25- Sami Ben Ahmed (Amaydi) 26- Othamn Ben Othamn 27- Ghanem Chriti 28- Mahmoud Helali 29- Boujemaa Chriti 30- Abid Khélaifi 31- Habib Khédhir 32- Rachid Abdaoui 33- Hassen Ben Abdallah 34- Mohsen Amidi 35- Maher Fajraoui 36- Ridha Amidi 37- Elfahem Boukadous 38- Mouhieddine Cherbib.
RASSEMBLEMENT LE 23 SEPTEMBRE A 18H00 STATION DE M° St FRANCOIS XAVIER - Ligne 13 A PROXIMITE DE L’AMBASSADE DE TUNISIE
PREMIERS SIGNATAIRES : AMF - ATF - ATMF - ATTAC - CEDETIM IPAM - CNT - FTCR - LDH - MIB - MRAP - RACCORT- SOLIDAIRES (SUD) - UTIT - ZONE D’ECOLOGIE POPULAIRE - LCR - PCF - ETTAJDID FRANCE - PCOT - PDP FRANCE... .................................................... http://www.perspectivestunisiennes.net/index.php ?option=com_content&view=article&id=44 :cet-homme-est-tres-dangereux&catid=15 :actutn
Cet homme est dangereux : il "sème" la solidarité face à l’injustice ! Il s’appelle Moheddine Ben Amor Ben Mostapha CHERBIB, né le 30/08/1952, réside habituellement au 147, rue Balahouane à Ras Jebel, Bizerte. Actuellement en fuite et recherché par la justice tunisienne (c’est du moins ce qui ressort de l’acte d’accusation lancé contre lui).
Des actes d’une extrême gravité lui sont reprochés sur la base de témoignages accablants : Ainsi donc, l’un des accusés dans l’affaire du "groupe de malfaiteurs" du bassin minier de Gafsa aurait avoué, "spontanément" sous la torture, avoir assisté le 6 juin dernier à une conversation téléphonique entre le dénommé Moheddine CHERBIB, et l’accusé Adnan Hajji, chef du "groupe de malfaiteurs", au cours de laquelle ce dernier aurait prétendu au dénommé CHERBIB que des affrontements ont eu lieu le jour même entre des manifestants de la ville de Redeyef et les forces de l’ordre, au cours desquelles les forces de l’ordre auraient ouvert le feu à balles réelles, tuant un manifestant et blessant des dizaines d’autres, dont deux seraient décédés par la suite. Plus grave encore, le dénommé CHERBIB préside par ailleurs un comité de soutien aux habitants du bassin minier de Gafsa à Paris, faisant croire que ces habitants avaient besoin d’un quelconque soutien, avec l’existence des fonds de solidarité comme le 21/21 et le 26/26 et bientôt le 44/44 et 90/90.
Malgré la gravité des actes relevés à l’encontre du dénommé CHERBIB, la justice tunisienne, dans sa grande magnanimité, et grâce à son indépendance notoire, n’a retenu contre lui que les chefs d’inculpation de :
a.. Constitution et appartenance à une bande organisée, en vue de porter atteinte aux personnes et aux biens, b.. Détention et diffustion de publications de nature à troubler l’ordre public. Avec cela, il n’encourt qu’une dizaine d’années de prison, alors que l’équité et surtout la protection de la patrie aurait dicté la peine minimale de la perpétuité "incompressible". C’est du pur laxisme de la plupart de la justice tunisienne !
PS. Des mauvaises langues, mal intentionnées à l’égard de notre pays, et des politiciens vendus aux intérêts étrangers, ont prétendu que :
a.. la région du bassin minier de Gafsa "jouit" d’un taux de chômage d’environ 40%, b.. pendant plus de 6 mois la région a été le théatre de manifestations et de protestations les plus violentes, c.. la région est restée encerclée par les forces de l’ordre pendant plus de 5 mois, d.. l’armée a été finalement déployée en renfort de la police, e.. les autorités ont négocié pendant plus de deux mois avec "chef de bande", Adnan Hajji, avant de découvrir, enfin, qui il était. f.. Et finalement, aucun des problèmes de la région n’a été résolu jusqu’à aujourd’hui.
Adnan Hajji - 1/5/08 Ils nous disent que l’Etat ne négocie pas sous la pression...